L’Espagne a réduit l’influence du gaz sur le prix de l’électricité à 15 % des heures grâce aux renouvelables

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D’après pv magazine Espagne

Environ un cinquième du commerce maritime mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transite chaque année par le détroit d’Ormuz, désormais fermé. Par ailleurs, les attaques iraniennes contre des pays voisins ont entraîné la fermeture de l’installation de Ras Laffan, au Qatar, responsable d’environ un cinquième de la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL). Ces perturbations ont eu un impact immédiat significatif sur les marchés internationaux de l’énergie. Bien que le risque immédiat de pénurie de gaz en Europe reste relativement limité – puisque seulement environ 10 % des importations européennes de GNL proviennent du Qatar – certains pays présentent une dépendance plus élevée. Au premier semestre 2025, l’Italie et la Belgique ont respectivement importé 36 % et 24 % de leur GNL depuis ce pays.

L’indice de référence européen Title Transfer Facility (TTF) a enregistré un prix moyen de 45 €/MWh au cours de la première semaine du conflit, soit une hausse proche de 50 % par rapport aux niveaux d’avant-crise, situés autour de 31 €/MWh.

Le coût de production de l’électricité à partir de centrales à gaz a augmenté de plus de 50 % depuis le début de la crise, ce qui se répercute sur les prix de gros de l’électricité dans de nombreux marchés européens. En effet, l’impact de la hausse du prix du gaz sur le coût de l’électricité est environ deux fois supérieur à celui lié au prix du carbone dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission (EU Emissions Trading System).

Toutefois, cet impact ne se répartit pas de manière uniforme entre les pays européens : le cabinet Ember souligne que l’Espagne a réussi à instaurer un découplage structurel entre les prix du gaz et de l’électricité, porté par la croissance rapide de l’éolien et du solaire depuis 2019. Depuis le début de 2026, le gaz n’a influencé le prix de l’électricité en Espagne que pendant 15 % des heures. En Italie, en revanche, cette influence a atteint 89 %, le pays restant fortement dépendant du gaz pour la production d’électricité et la flexibilité de son système. Au cours des dix premiers jours du conflit, le prix moyen de l’électricité en Espagne est resté inférieur au coût de production à partir de gaz, et également en dessous des niveaux observés dans d’autres pays de l’Union européenne disposant d’un important parc de centrales à gaz.

« Au cours de la première semaine de mars, les prix de l’électricité ont atteint leurs niveaux les plus élevés de l’année en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie et en Belgique. En revanche, les pays moins dépendants du gaz, comme l’Espagne, le Portugal, la France et les pays nordiques, semblent avoir été moins affectés », explique Ember.

Dans ce contexte, les analystes soulignent que la seule manière structurelle de réduire l’exposition à ces épisodes de volatilité consiste à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, du stockage d’énergie, de la flexibilité de la demande et de l’électrification de l’économie. « Ces solutions permettraient de diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés et d’accroître la résilience du système énergétique européen face à de futures crises internationales », concluent-ils.

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