Plan d’électrification : les pompes à chaleur au secours du solaire résidentiel français ?

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Dévoilé vendredi dernier par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le plan d’électrification de la France fait la part belle aux pompes à chaleur (PAC), qui sont censées faire définitivement disparaître du paysage les chaudières à gaz dans le logement neuf. Le gouvernement souhaite en installer, chaque année, un million d’ici à 2030 dans les foyers français, afin notamment de diviser par deux le coût du chauffage. Idem dans les logements collectifs, dans l’espoir de voir ces derniers sortir du gaz et du fioul à l’horizon 2050.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement met les moyens : 200 millions d’euros. Dans un entretien au Parisien publié vendredi dernier, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, « propose l’équivalent d’un leasing sur les pompes à chaleur ». Un mode de financement qui serait couplé à un renforcement des aides existantes, accordées dans le cadre de MaPrimeRénov’ et des certificats d’économie d’énergie. « L’augmentation des aides, plafonnée entre 12 000 et 14 000 euros, pourrait aller jusqu’à 2 000 euros pour garantir l’amortissement en trois ans », sachant qu’une pompe à chaleur « coûte entre 10 000 et 15 000 euros », précisait-elle, samedi, au micro de France Inter.

PV + PAC : le combo gagnant

Si Jules Nyssen s’est félicité, sur son compte Linkedin, que le gouvernement fasse de l’électrification « le premier instrument sa souveraineté énergétique, dans un pays où l’électricité est abondante, décarbonée et beaucoup moins chère qu’ailleurs en Europe », le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) plaide en faveur du « développement de toutes les sources de production électrique, du court terme au long terme, sans négliger aucune filière ».

Celle du photovoltaïque, en particulier, a un beau coup à jouer dans le vaste plan d’électrification initié par le gouvernement dans le logement, et principalement axé sur les PAC. Associés l’un à l’autre, panneau solaire et pompe à chaleur forment le combo gagnant. Décuplant la quantité d’énergie produite, leur couplage permet, en effet, de réduire considérablement sa facture énergétique, les économies réalisées compensant, en partie, l’investissement initial dans les équipements. Sans compter avec la réserve de consommation qu’offrent aujourd’hui les solutions de stockage, lesquelles pourraient, à la lecture du rapport Lévy-Tuot, être soumises à un taux de TVA à 5,5 % et faire l’objet d’un prêt à taux zéro.

Pour les ménages déjà équipés, la réalité est documentée : plusieurs centaines d’euros économisés par an pour un foyer combinant panneaux en toiture, véhicules électriques et PAC pilotés, et des revenus de flexibilité automatiques mensuels pour les installations en autoconsommation, selon Mylight 150. Sachant que l’électrification des usages ne produit son plein effet que si la consommation est synchronisée avec la production solaire…

Alors que le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) examine, aujourd’hui, un projet d’arrêté pour suspendre les subventions dédiées à l’investissement sur le solaire, les pompes à chaleur, désormais largement aidées financièrement, pourraient ainsi constituer une planche de salut pour le photovoltaïque résidentiel.

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