Ces derniers jours, les alertes se multiplient parmi les professionnels du solaire. Sans relance rapide, la filière pourrait connaître un effondrement historique. Les petits installateurs, déjà fragilisés par la baisse d’activité, pourraient se retrouver sans commandes dans les prochains mois. Enerplan et Observ’Er s’apprêtent d’ailleurs à publier dans les jours prochains un sondage sur l’état économique des installateurs, dont les résultats devraient confirmer l’urgence de la situation.
« La priorité immédiate est la publication d’une PPE 3 dotée d’objectifs solaires ambitieux, suffisants pour engager de nouveaux projets solaires, c’est-à-dire a minima le scénario R3 de RTE avec 47 GW installés en 2030. Ces objectifs doivent impérativement s’accompagner d’appels d’offres qui favorisent la production européenne (« Made in Europe »), comme le prévoit l’Industrial Accelerator Act, sous peine de voir nos futurs projets de gigafactories rester à l’arrêt », argumente Vianney de l’Estang, président de la commission solaire du Syndicat des énergies renouvelables.
Selon lui, pendant ce temps, d’autres pays rapatrient leurs chaînes de valeur photovoltaïque : l’Inde et les États-Unis investissent massivement pour sécuriser leur souveraineté énergétique. La France et l’Europe risquent de rester vulnérables si elles ne relancent pas leur filière solaire, destinée à devenir notre principale source d’électricité d’ici la fin du siècle.
Comme l’a rappelé Michaël Godet, président de Cap à l’Est, lors des rencontres solaires de l’Est le 27 janvier, « des entreprises confrontées à la baisse d’activité doivent déjà supprimer des emplois, ce qui est profondément déplorable ». Les acteurs évoquent un “quasi-moratoire” : en l’absence de visibilité sur les volumes futurs, aucune nouvelle période d’appels d’offres n’est lancée, même pour les projets issus de la PPE 2.
Face au risque imminent, l’association Le Solaire Territorial a elle aussi adressé un courrier à plus de 380 députés pour les alerter sur les risques d’effondrement. Le scénario est simple :
R4 : 14 GW à réaliser en 4 ans, soit 3,5 GW/an. Même le meilleur scénario implique une baisse d’environ 40 % du rythme actuel.
R3 : 7 GW sur 4 ans, soit 1,75 GW/an, soit un tiers de la dynamique actuelle, avec des conséquences sociales mécaniques.
R2 : quasi-moratoire de trois ans, seuls les projets déjà autorisés seraient construits. Jusqu’à 60 000 emplois menacés.
R1 : annulation de projets déjà autorisés, disparition de filière et fermetures avant l’été 2026.
Les signes de détresse sont déjà visibles : trésoreries dégradées, carnets de commandes vides, plans sociaux et entreprises en redressement judiciaire. Ce ne sont pas des emplois abstraits : il s’agit d’artisans, de collectivités et de petites entreprises locales, non délocalisables, qui structurent l’économie territoriale », insiste Hadrien Clément, Président de l’association Le Solaire Territorial. Selon lui, le message est clair : entre R2 et R3, c’est l’interrupteur ON/OFF sur 100 000 emplois. En cas de R1/R2, jusqu’à 150 000 postes pourraient disparaître. Ce n’est pas un choix technique, mais une décision politique, avec un impact direct sur l’emploi, les territoires et la souveraineté énergétique de la France.
Le Solaire Territorial appelle donc le gouvernement à agir immédiatement et publiquement : clarifier les scénarios retenus, confirmer ou infirmer les rumeurs, et assumer les conséquences de ses choix. « Le temps est compté : le silence tue déjà », conclut le courrier.
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