Les toits suisses se couvrent de PV

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Romande Energie, un fournisseur d’électricité dans le canton de Vaud en Suisse, a annoncé cette semaine un investissement dans une centrale solaire en toiture d’une capacité de près de 1 MW.  L’installation sera construite en collaboration avec VO Energies sur les halles de Friderici Spécial SA, une société de transport et logistique.

« Pas moins de 4356 panneaux solaires photovoltaïques recouvriront cet espace pour produire 1,3 GWh par an », déclare le fournisseur d’énergie sur les médias sociaux.

Les halles de Friderici Spécial comptent parmi de nombreux projets photovoltaïques déployés récemment sur les toits de la Suisse. Selon Jean-Louis Guillet, fondateur de la société Soleol, ce marché connait une renaissance un développeur spécialisé dans le PV en toiture pour les exploitations agricoles et industrielles.

Soleol est un développeur qui se spécialise dans les installations PV pour les exploitations agricoles et industrielles. L’entreprise a déjà mis en service 1350 installations photovoltaïques en toiture.

Son plus grand ouvrage est une centrale de 8,3 MW installée en 2017 sur le toit d’un ancien entrepôt de Philippe Morris à Onnens en Suisse. L’ampleur des travaux a soulevé de tels risques de résilience structurelles que le développeur a commandé des panneaux solaires 30% plus légers que la moyenne afin de réduire la charge sur le toit souple de l’entrepôt. La centrale photovoltaïque de Onnens demeure à ce jour la plus grande en Suisse (toitures et sols confondus).

« Contracting » solaire

Jean-Louis Guillet explique que le marché du photovoltaïque en toiture a beaucoup évolué en deux ans. À l’époque le secteur était alimenté par des subventions fédérales. La centrale de Onnens bénéficie notamment de tarifs de rachat afin de revendre la totalité de sa production sur le réseau électrique au prix de CHF 0.17 / kWh pendant 25 ans.

À présent, les autorités ont diminué le tarif de rachat minimum à proche de CHF 0.11 / kWh. Par contre, les coûts du photovoltaïque ont également baissé, au point où Soleol et des investisseurs externes estiment judicieux de placer leur argent dans des centrales solaires en toiture et revendre la majeure part de leur électricité aux consommateurs occupant les bâtiments sur lesquels elles sont installées.

« Actuellement, nous faisons beaucoup de projets en investissement », explique Jean-Louis Guillet. « Avant les propriétaires investissaient dans le PV. Maintenant ils louent leurs toits pour que d’autres investissent sur les toits de tiers. C’est ça ce qui a réactivé un peu le marché suisse. »

Soleol travaille notamment avec des gestionnaires de réseaux, des fournisseurs d’électricité, dont Aventron, et des investisseurs étrangers, notamment français, qui financent les installations photovoltaïques en toiture ou les achètent une fois connectés au réseau.

« Il y a beaucoup de capitaux d’investisseurs étrangers parce que la politique suisse sur le solaire est stable et offre un placement sécurisé sur 25 ou 30 ans », affirme Jean-Louis Guillet. « On a des toits à disposition et on cherche des gens qui investissent. »