L’Ademe actualise son étude sur les coûts des renouvelables ; le PV au sol dans les gagnants

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L’étude présente les dernières données en France sur le coût complet de production d‘un megawatt-heure, plus connu sous l’appellation de LCOE (Levelized Cost Of Energy) des différentes filières renouvelables. « En 2018, en France, les coûts de production pour l’éolien terrestre (50 à 71 €/MWh) et des centrales photovoltaïques au sol (45 à 81 €/MWh) sont compétitifs avec ceux d’une centrale à gaz à cycle combiné (CCGT, 50 à 66 €/MWh) », indique notamment l’Ademe.

Côté production sur les petites et moyennes toitures, l’Ademe souligne que le prix reste dépendant de la ressource solaire, donc de la localisation. Dans le Sud de la France (Méditerranée), les installations de petites tailles (3 kWc) ont un coût de production de 130 à 158 €/MWh, qui demeure compétitif par rapport au segment résidentiel (150 €/MWh hors abonnement). De même pour les toitures de plus grande taille, (9kWc à 36 kWc), le coût de production tourne entre 64 et 100€/MWh, inférieur au prix de l’électricité dans le tertiaire (de 93 à 123 €/MWh selon la consommation). Mais, dans le Nord de la France, les coûts de production restent largement supérieurs aux prix de l’électricité. Pour les installations de 3kWc, ils atteignent entre 189 et 229 €/MWh, et de 93 à 145 €/MWh, pour les installations de 9 à 36 kWc.

Pour le photovoltaïque résidentiel surimposé (en sur-toiture donc), entre 2008 et 2018, la décroissance du LCOE est fortement marquée, passant d’une fourchette comprise entre 653 et 688 €/MWh à un écart entre 166 et 291 €/MWh. Et l’Ademe signale que c’est essentiellement la baisse du Capex (donc l’investissement initial) qui joue à la baisse.

Pour les toitures moyennes (36 à 100 kWc), la baisse est de 30% par rapport au précédent rapport de l’Ademe, avec des prix compris entre 63 et 71 €/MWh (dans le neuf, au Sud de la France).

Sur les grandes toitures (tranches de 100 à 500 kWc et de 500 à 2 500 kWc) et sur les ombrières, les coûts oscillent entre 61 et 104 €/MWh. A noter que la LCOE ne varie pas pour les ombrières en fonction de la puissance, alors qu’elle décroit légèrement pour les grandes toitures.

C’est clairement sur les centrales au sol que la décroissance de la LCOE a été la plus visible. C’est notamment vrai sur la période 2008 à 2013, les prix passant d’une fourchette comprise entre 555 et 590 €/MWh à une bande de 114 à 131 €/MWh, la décroissante étant moins marquée jusqu’à parvenir aux valeurs 2018 (57 à 71 €/MWh). Mais l’Ademe juge que cette pente va demeurer pour atteindre, en 2050 une fourchette de 23 à 32€/MWh

Néanmoins, malgré la baisse des coûts de production, l’Ademe appelle au maintien des dispositifs de soutien public (tarifs d’achat ou complément de rémunération) : « leur rôle assurantiel reste important pour permettre l’accès à des financements à bas coût ».

L’Agence consacre une partie à la question du stockage d’électricité. Elle y prend notamment en considération un système photovoltaïque en outre-mer (donc dans des zones non raccordées au système électrique), associé à un stockage par batteries pour lequel le LCOE total (système PV avec stockage électrochimique) s’élèverait entre 163 et 367 €/MWh en fonction de la puissance des installations.