Mercedes-Benz s’associe à Hydro-Québec pour le développement de batteries à électrolyte solide

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Le constructeur automobile Mercedes-Benz s’est associé au spécialiste canadien des matériaux de batterie Hydro-Québec pour développer des batteries à semi-conducteurs. L’entreprise allemande utilisera les batteries dans ses véhicules électriques.

Le Centre d’excellence en électrification des transports et en stockage d’énergie d’Hydro-Québec a mené des recherches sur les matériaux de batterie avancés et sur les nouvelles technologies, y compris les dispositifs à électrolyte solide.

Désormais, en tandem avec le constructeur automobile allemand, les chercheurs veulent tester de nouveaux matériaux dans des conditions réelles. Les entreprises partenaires estiment qu’une intégration à un stade précoce et une phase de test sur le terrain accéléreront le cycle de développement. Des activités de recherche conjointes seront menées au centre d’excellence d’Hydro-Québec au Canada et au laboratoire de SCE France, une filiale d’Hydro-Québec.

Avantages de l’état solide

« La batterie est au cœur du fonctionnement des véhicules électriques », a déclaré Jochen Hermann, le vice-président du développement eDrive chez Mercedes. « La maîtrise de sa chimie est donc un aspect essentiel de la recherche-développement chez Mercedes-Benz. Par rapport aux batteries au lithium-ion actuelles, les batteries à électrolyte solide s’annoncent comme une percée importante pour l’électrification des transports. Les avancées réalisées par les chercheurs d’Hydro-Québec sont très prometteuses, et nous sommes impatients de constater les premiers résultats de notre programme de développement conjoint. »

Les espoirs sont grands pour les batteries à semi-conducteurs quant à leur percée commerciale. Offrant une densité d’énergie potentiellement plus élevée de plus de 400 Wh/litre, plus de cycles à un taux de dégradation réduit et étant plus légères, le développement est principalement porté par les constructeurs automobiles. Les batteries à électrolyte solide ne nécessitent pas les électrolytes inflammables utilisés dans les batteries lithium-ion conventionnelles et pourraient être beaucoup moins chères car elles n’utilisent pas de cobalt.

Cependant, les appareils prêts à être commercialisés ne sont pas encore concretisés. Le géant chinois de la batterie Ganfeng – qui détient un accord d’approvisionnement avec Volkswagen – a annoncé en août des plans pour une ligne de production pilote de batteries à électrolyte solide de 100 MWh.

Hydro-Québec peut se targuer de brevets liés à un nouveau type d’électrolyte destiné aux batteries au lithium à électrolyte solide développé par l’Université de Porto Maria Helena Braga et le prix Nobel de chimie 2019 John B. Goodenough. L’institution canadienne a déclaré que ses chercheurs prévoyaient de l’intégrer à une batterie dans le but de l’amener à l’étape de la commercialisation.

« Ce partenariat avec Hydro-Québec a apporté une capacité de développement technologique décisive pour la mise en œuvre commerciale de la propriété intellectuelle créée à l’Université du Texas à Austin », a déclaré Goodenough.