Une production d’électricité « particulièrement décarbonée » en France en 2019

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Le secteur de l’énergie en France a-t-il vu ses émissions de CO2 diminuer en 2019, comme le montraient les think tank Sandbag et Agora Energiewende pour l’Europe ? Le bilan électrique 2019 publié par RTE permet de répondre que oui, cela a bien été le cas. Selon ses statistiques, au cours de l’année 2019, les émissions de CO2 ont baissé de 6 % par rapport à 2018, atteignant 19 millions de tonnes.
Cette baisse est notamment due à la faible mobilisation des centrales à charbon en 2019, dont le recul atteint 71,9 %.

Dans l’ensemble, c’est la production globale d’électricité qui a baissé : toutes origines confondues, 537,7 TWh ont été générés en France en 2019, soit 2 % de moins qu’en 2018. Cette baisse est notamment due à la diminution de la production nucléaire (- 3,5 %), suite à des indisponibilités de certains réacteurs, et de la production hydraulique (- 12 %), indique RTE.

Dans le cas de la production hydraulique, l’année 2018 avait été particulièrement favorable. Le niveau de production de 2019 était en réalité dans la moyenne, estimaient les experts du Panorama de l’électricité renouvelable 2019.

La diminution de la production des centrales à charbon a été compensée par les centrales à gaz, dont la production a augmenté de 24 %, et par les énergies renouvelables, qui ont fournit plus de 21 % de l’énergie électrique totale en 2019. Par rapport à 2018, les filières éolienne et solaire ont connu une hausse respective de 21,2 % et 7,8 %.

En termes de volumes de production, le nucléaire arrive naturellement en tête avec 379,5 TWh générés, représentant 70,6 % de la production totale. L’hydraulique est en deuxième place en France, avec 60 TWh produits (11,2 %), puis le thermique 42,6 TWh (7,9 %), l’éolien 34,1 TWh (6,3 %), le solaire 11,6 TWh (2,2 %) et enfin les bioénergies 9,9 TWh (1,8 %).

La baisse de la production a été assortie d’une stabilisation de la consommation totale d’électricité, indique RTE. Au cours de l’année, hors secteur de l’énergie, la consommation électrique en France a atteint 473 TWh, un volume quasi constant depuis 2010. Le gestionnaire du réseau explique ce phénomène notamment par le renforcement des actions d’efficacité énergétique, le ralentissement de la croissance économique et les mouvements sociaux de fin d’année.

Solde Import-export

Dans son bilan, RTE montre également que, bien que la baisse de la production soit plus importante que la baisse de la consommation, la France continue d’exporter fortement. Premier pays exportateur d’électricité en Europe avec 84 TWh exportés en 2019, la France n’a importé que 28,3 TWh de ses pays voisins (solde : 55,7 TWh), notamment grâce à un prix de l’électricité parmi les plus bas en Europe.

Prix moyen de l’électricité

Le prix s’établit en effet à 39,45 €/MWh en moyenne sur l’année, contre 50,2 €/MWh en 2018. Il est au plus bas depuis 2016, ajoute RTE qui explique cela par la baisse des prix du gaz et du charbon, et par les températures assez douces en hiver.

RTE souligne également qu’au cours de l’année 2019, les occurrences de prix négatifs ont été plus fréquentes sur le marché que les années précédentes – ce qui arrive notamment lorsque les productions éolienne et solaire couvrent une part importante de la consommation : une singularité que l’on retrouve surtout en Allemagne, qui a connu 211 pas horaires avec des prix négatifs en 2019. En France, des prix négatifs ont été constatés à 27 occurrences et le prix est descendu jusqu’à -24,9 €/MWh le samedi 8 juin. « Ce jour-là, la consommation est faible (week-end de Pentecôte) et la production éolienne importante avec l’arrivée de la tempête Miguel », ajoute RTE.

En ce qui concerne les principaux investissements effectués en 2019 par le gestionnaire de réseau : d’un montant total de 1 456 millions d’euros, les principaux chantiers ont concerné l’interconnexion France-Angleterre (IFA 2) et celle France-Italie (Savoie-Piémont), le raccordement du parc éolien offshore de Saint-Nazaire, les projets de reconstruction de la ligne à très haute tension Avelin-Gavrelle et le renouvellement de la liaison Carrières-Breteuil-Valescourt.