Sénégal : troisième marché solaire ouest-africain avec 671 MW installés

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Le Sénégal possède le troisième parc solaire d’Afrique de l’Ouest avec 671 MW de puissance photovoltaïque installée selon l’AFSIA et GOGLA, derrière le Nigéria et la Côte d’Ivoire. Avec un taux d’électrification national de 84 %, les chiffres compilés du dernier rapport de l’AFSIA affichent une répartition précise : 307,5 MW de grandes centrales, 58,2 MW auto-consommés par les entreprises, 293,67 MW résidentiels, 8,98 MW de mini-réseaux et 3,63 MW de kits solaires domestiques.

L’exploitation de gaz à Sangomar, entrée en production en 2024, alimente de nouvelles centrales thermiques à gaz, comme les 366 MW de Cap des Biches mise en service en 2025. Mais les 2,5 milliards d’euros de prêts concessionnels de l’Union européenne, France, Allemagne et Canada, signés en 2023, courent toujours : ils doivent financer stockage et réseaux hybrides pour intégrer les renouvelables au mix.

Et le développement du solaire à grande échelle devrait poursuivre la dynamique engagée : en Casamance, la centrale solaire de Kolda (30 MW) a été mise en service fin 2024, tandis que les 60 MW + 72 MWh de stockage du même site, projet porté par Axian, sont en construction depuis 2025. D’autres projets majeurs sont en phase de développement ou de construction : la SENELEC et le groupe chinois CNTIC ont signé en juillet 2025 deux contrats pour des centrales solaires de 50 MW + 90 MWh de stockage chacune, financées et construites clé en main par la Chine pour une mise en service prévue entre 2026 et 2027.

Restent au stade d’études avancées : 40 MW de stockage par Infinity Power, 20 MW + 11 MWh pour le site minier de l’entreprise minière française Eramet par la société allemande JUWI, et une usine de dessalement solaire de 300 MW développée par ACWA Power, sans calendriers précis ni détails financiers publics.

Côté hors réseau, les droits de douane de 3% sur les panneaux et 27% sur les batteries pèsent sur l’équipement des particuliers car ces taxes peuvent augmenter jusqu’à 10 à 15% le coût des kits solaires.

Le Pacte national pour l’énergie fixe des objectifs particulièrement ambitieux à l’horizon 2030. Il prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix électrique, grâce notamment au déploiement de 100 MW supplémentaires de solaire photovoltaïque et de 50 MW de solaire thermodynamique. Le plan vise également l’accès universel à l’électricité dès 2029, avec l’électrification de près de 200 000 foyers, ainsi que 600 centres de santé et 200 établissements scolaires.

Pour soutenir cette trajectoire, le pays s’est doté d’un cadre réglementaire désormais jugé mature par les acteurs du secteur : tarifs d’achat et mécanismes de facturation nette sont en place, les mini-réseaux de moins de 50 kW peuvent être développés sans licence, et les équipements dédiés aux énergies renouvelables bénéficient d’exonérations de TVA. Dans ce contexte, le solaire gagne en compétitivité face à un coût de l’électricité sur le réseau compris entre 0,164 et 0,307 dollar/kWh pour les consommateurs résidentiels, et entre 0,129 et 0,260 dollar/kWh pour les clients industriels.

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