L’INÈS et L’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France rejoignent le consortium européen EPKI pour les pérovskites

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L’Institut National de l’Énergie Solaire (CEA- INES) et l’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF), qui inclut entre autres EDF, Total, Air Liquide, le CNRS et l’École Polytechnique, ont décidé de faire partie de la European Perovskite Initiative (EPKI), un réseau européen pour le développement de technologies à base de pérovskite pour les applications photovoltaïques.

Le nouveau consortium comprend Solliance, un autre consortium basé au Benelux, qui compte parmi ses membres le néerlandais TNO et le belge Imec ; l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) ; l’Allemand Fraunhofer ISE ; l’italien Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR); le spécialiste britanique Oxford PV et l’Université d’Oxford ; et la société lettone Saules Energijas Ieleja.

« Cette initiative européenne est animée par Ronn Andriessen, directeur chez Solliance, et Louis Huber, consultant chez  Greensquare », indique le consortium dans son premier communiqué de presse.

Louis Huber a déclaré à pv magazine que le premier objectif du réseau était de rédiger un livre blanc européen sur les pérovskites. « Chaque institut a sa feuille de route pour les pérovskites, mais nous voudrions transmettre l’essentiel à travers une feuille de route commune », a-t-il déclaré.

Interrogé au sujet du moment où les technologies pérovskites entreront en production commerciale, Huber a admis que, aujourd’hui, seules des hypothèses pouvaient être émises. « [Cela arrivera] dans trois, quatre ou cinq ans », a-t-il déclaré. « Il est difficile d’avoir une ligne claire [avec] différentes applications également. En outre, la maturité des processus, la préparation du marché et son acceptation sont… trois étapes différentes et certaines sont difficiles à prévoir. »

Divers axes de recherche

Selon Huber, le plus grand défi pour la pérovskite est la profusion de sujets de recherche menés parallèlement, même si les problèmes liés à la stabilité sont un problème récurrent.

Le nouvel organisme souhaite soutenir toutes sortes d’initiatives industrielles photovoltaïques de nouvelle génération en créant des programmes communs de recherche et en définissant son livre blanc, qui « pourrait être prêt en juin ou à la mi-juillet », selon Huber.

Presque tous les membres du consortium ont déjà atteint des records d’efficacité pour différents types de technologies solaires liées à la pérovskite.

Solliance, par exemple, a obtenu un rendement de 21,5 % avec une cellule CIGS pérovskite, un rendement de 26,3 % avec une cellule solaire pérovskite transparente associée à une cellule solaire en silicium cristallin et 14,5 % d’efficacité de conversion pour les modules pérovskite de grande surface.

Les jalons

Imec a obtenu une efficacité de 24,6 % pour une cellule CIGS tandem à base de pérovskite, 27,1 % pour une cellule tandem pérovskite-silicium, 23,9 % sur un module de 4 cm² pérovskite-silicium tandem et 12,4 % d’efficacité pour un module PV à base de pérovskite.

L’EPFL a mis au point une cellule tandem pérovskite-silicium efficace à 25,2 %, a proposé l’élaboration de mesures standards pour le vieillissement de la pérovskite et a mené des recherches sur la stabilisation des cellules solaires à la pérovskite avec du guanidinium.

Oxford PV, spécialiste britannique de la pérovskite, a enregistré une efficacité de 27,3 % sur une cellule tandem de 1 cm² et la société, en collaboration avec l’Université d’Oxford, a annoncé en septembre une feuille de route visant à atteindre une efficacité de la cellule de pérovskite d’environ 37 % ainsi qu’une stabilité à long terme.