PVP4Grid : des résultats en faveur de l’autoconsommation collective

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Faut-il privilégier le développement de l’autoconsommation individuelle ou collective ? Quels seront les impacts sur le réseau et ceux pour les consommateurs ? Le projet européen PVP4grid a analysé cette question grâce aux simulations du groupe Économie d’énergie du Institute of Energy Systems and Electrical Drives, de l’Université technique de Vienne, en Autriche. Les chercheurs ont imaginé un village européen virtuel, avec des commerces, des habitations, des véhicules électriques, une centrale photovoltaïque au sol, des points de recharge… et avec des consommations électriques en hausse par rapport à aujourd’hui (dues à l’électrification des usages de chauffage – pompes à chaleur – et de mobilité). Ils ont tenu compte des conditions tarifaires de chaque pays, en s’appuyant sur la législation européenne. La simulation est effectuée dans huit pays : Portugal, Espagne, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, France, Italie, Autriche.

L’objectif est d’analyser l’investissement optimal, photovoltaïque et stockage, pour réduire les coûts de la consommation. L’étude s’appuie sur trois schémas : un cas sans installation photovoltaïque, un autre avec de l’autoconsommation individuelle et un troisième avec de l’autoconsommation collective.

Une gestion plus efficiente

L’autoconsommation collective, via des communautés d’énergie, ressort gagnante des simulations. « Dans une communauté d’énergie, il existe davantage d’opportunités d’installer des panneaux. Même si les besoins en batterie sont plus importants, l’investissement est moindre pour le particulier grâce à la mutualisation », a expliqué Gregory Neubourg, chef de projet à l’Institut Becquerel, agence belge spécialisée en photovoltaïque, à l’occasion du lancement du site reseaux.photovoltaique.info organisé par Hespul le 17 octobre dernier. « La gestion globale est plus efficiente et diminue l’injection au point de connexion au réseau. Il y a également un intérêt de favoriser les communautés d’énergie pour diminuer la puissance appelée », ajoute-t-il.

Un coût de l’énergie plus bas

Dans ce village virtuel (40 à 60 kW installés), le coût annuel de l’électricité pour l’ensemble des consommateurs revient à 21 000 € pour l’autoconsommation collective contre 25 000 € pour des investissements individuels et 34 000 € sans l’investissement photovoltaïque. « Les comportements dépendent de la structure de la tarification », ajoute Gregory Neubourg. « Une tarification liée à la puissance de pointe peut fortement diminuer l’impact de la communauté sur le réseau, celle-ci va adapter sa taille et son comportement. C’est déjà le cas en Espagne, au Portugal, en Italie ou en Autriche. »

L’étude détaillée pour chaque pays sera en ligne prochainement. En France, l’intérêt de l’autoconsommation collective est un des plus faibles d’Europe car le coût de l’énergie est bas, à noter que l’étude a été faite avec l’ensoleillement de Paris. L’étude PVP4Grid a démarré en octobre 2017 et se terminera en mars 2020. Il est coordonné par BSW-Solar.

Auteur : Aude Richard