[9e Colloque National Photovoltaïque] La DGEC se veut rassurante sur l’arrêté tarifaire S21

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« Le S21 n’est pas remis en cause aujourd’hui. Nous n’avons pas de révision en cours, je vous rassure. Mais par contre oui, nous sommes vraiment en attente des éléments techniques et économiques de la part de la filière. Je vous propose donc qu’on ait une réunion d’échanges et de partage d’informations dans les prochaines semaines sur le sujet ».

En arrivant hier matin au Corum de Montpellier, siège du 9e Colloque National Photovoltaïque organisé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) se savait attendue, après avoir proposé aux deux organisations représentatives de la profession – une semaine auparavant et sans consultation préalable – la refonte de l’arrêté fixant les conditions d’achat de l’électricité produite par les centrales de moins de 500kWc sur bâtiments et ombrières. Déchaînant, du même coup, les foudres du SER et d’Enerplan.

Invitée à débattre sur la programmation énergétique nationale, Hermine Durand, sous-directrice du système électrique et des énergies renouvelables à la DGEC, a courageusement déminé le terrain, appelant de ses vœux à plus de concertation réciproque entre l’administration et la filière. Reste maintenant à savoir si la pression exercée par les deux syndicats sera suivi d’effets…

Parmi les sujets abordés lors de ce premier tour de table, le futur arrêté tarifaire S24, qui prévoit, en plus de la mise en place d’une prime bas carbone, l’ouverture d’un guichet unique pour l’ensemble des projets au sol, tel qu’il existe pour les bâtiments. D’après la représentante de la DGEC, sa mise en œuvre doit encore respecter certaines étapes, dont celle de son examen par le Conseil supérieur de l’énergie, avant de pouvoir rentrer en application d’ici la fin de l’année, voire début 2025.

« Pour nous, la PPE, c’est un phare »

Quant à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) censée piloter la transition énergétique jusqu’en 2035, celle-ci se fait cruellement attendre, au désespoir Daniel Bour, président d’Enerplan, invité pour la première fois au colloque annuel de son confrère. « Pour nous, la PPE, c’est un phare nécessaire pour accélérer le mouvement. Si le phare est éteint, nous sommes en pleine nuit, alors que nos entreprises, qui ont investi et recruté massivement pour atteindre les objectifs fixés (ndlr : entre 75 et 100 GW de production solaire par an), ont besoin de visibilité. »

En réponse, Hermine Durand a annoncé qu’une concertation sur le projet de PPE démarrera au mois de juin, après les élections européennes. « À l’issue de cette étape, nous entrerons dans la dernière ligne droite : le texte sera rédigé, puis soumis aux consultations officielles, notamment auprès de l’Autorité environnementale, pour disposer, nous l’espérons, d’une PPE définitive à la fin de l’année ou tout début 2025. »

S’agissant de la réglementation européenne, en particulier sur le Net Zero Industry Act (NZIA) destiné à soutenir le redéploiement d’une industrie photovoltaïque sur le continent, avec la production de 30 GW de panneaux solaires à l’horizon 2030, son examen par le Parlement européen et son passage, mercredi dernier, devant le Conseil européen, sont de bon augure pour, enfin, permettre de « passer de la parole aux actes », comme l’a souligné Lucas Weiss, président du pôle industrie au SER. Avec, selon lui, encore pas mal d’incertitudes sur les mesures de protection qui seront déployées, a fortiori dans un marché européen fragmenté.

 

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