[Élections européennes] Décryptage du programme énergétique des listes d’extrême droite

Share

Rassemblement national

En matière énergétique, le Rassemblement national veut « refaire de la France un paradis énergétique ». Or, faisant fi des scenarii du gestionnaire de réseau RTE, ce paradis passe clairement par le refus des énergies renouvelables, en particulier de l’éolien, en raison de leur caractère « intermittent ». Le photovoltaïque n’est quant à lui pas mentionné, tandis que Marine Le Pen proposait en 2022 un « moratoire sur le solaire ».

A l’inverse, pour Jordan Bardella, la tête de liste, il faut appeler à des « investissements massifs » dans les « technologies d’avenir », à savoir le nucléaire de nouvelle génération, l’hydrogène (sa couleur n’est pas précisée) et la géothermie. Le parti prône ainsi des simplifications administratives pour accélérer le développement de ces sources d’énergie, tandis qu’il s’oppose à la libéralisation des concessions des barrages hydroélectriques. « Les énergies dont le développement est mentionné dans le programme du RN (hydrogène, géothermie, nucléaire) sont soit marginales, doit des paris technologiques dont le déploiement est trop long pour atteindre nos objectifs (au moins 10 ans) », critique toutefois le Réseau Action Climat dans une analyse.

Enfin, Jordan Bardella reprend l’idée de Marine Le Pen de « baisser la contribution française nette versée à l’UE pour participer au financement de la baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur les énergies : électricité, gaz, fioul et carburants ». Pour faire diminuer les prix de l’électricité de 30 % à 40 %, le RN propose « de rétablir un prix français de l’électricité » et « de sortir des règles du marché européen de l’électricité », sans tenir compte de la cinquantaine d’interconnections électriques que la France partage avec ses voisins européens.

Reconquête

Fidèle à son positionnement, Reconquête estime que « reconquérir la souveraineté énergétique et minière de l’Europe » passera par un plan européen de relance de la filière électronucléaire dans le cadre de l’alliance européenne du nucléaire. Ce plan nécessiterait 500 milliards d’euros et doit ainsi mobiliser les fonds européens et nationaux ainsi que l’épargne des Français et des Européens. L’objectif étant de ne pas faire reposer le financement du parc nucléaire sur les seuls consommateurs.

Concernant les renouvelables, Marion Maréchal, tête de liste aux élections européennes, veut supprimer tous les financements français et européens de l’éolien (offshore et terrestre). En revanche, il faut, selon le parti, protéger la filière photovoltaïque en cessant de subventionner l’achat de solaire chinois produit à prix cassé.

Enfin, outre le fait d’abroger toutes les directives et règlements du Pacte vert (neutralité carbone en 2050, interdiction de la vente de véhicules thermiques en 2035…), la profession de foi propose « de réduire les taxes sur l’énergie, en supprimant les règles de concurrence du marché européen de l’électricité qui obligent notamment EDF à vendre un quart de sa production d’électricité à des concurrents artificiels ».

Les Patriotes

Sans surprise, Les Patriotes, emmenés par Florian Philippot, proposent également un détricotage du Pacte Vert européen. « Le nucléaire est une énergie propre qui n’émet pas de CO2 et qui assure, à la condition d’un niveau constant d’investissements, une production abondante et peu chère d’électricité », peut-on lire dans leur programme. C’est pourquoi, ils proposent d’investir « massivement » dans le nucléaire, sans qu’aucun montant d’investissement ou objectif de capacités ne soient mentionnés.

Concernant le marché européen de l’électricité, le parti qui prône un “Frexit” estime que se détacher de l’UE permettrait de « préserver la voiture thermique au-delà de 2035 », et de « choisir le mix énergétique français ». « Revenir à des règles nationales permettrait de faire baisser immédiatement le tarif des particuliers et des entreprises », écrit Florian Philippot. Là encore, la profession de foi ne fait pas mention des interconnections européennes.

Forteresse Europe

La liste de Pierre-Marie Bonneau, qui veut l’arrêt complet des flux migratoires avec annulation des accords de Schengen, un recensement de la population incluant des critères ethniques et religieux, la révision de toutes les naturalisations accordées depuis 1975, la sortie de l’Union européenne et de l’OTAN, estime qu’il faut mettre un terme aux dépendances extérieures de la France, avec l’arrêt immédiat de l’escroquerie de l’éolien. Il veut allouer des moyens supplémentaires pour la filière nucléaire, notamment avec la relance du prototype de réacteur nucléaire Astrid.

Ce contenu est protégé par un copyright et vous ne pouvez pas le réutiliser sans permission. Si vous souhaitez collaborer avec nous et réutiliser notre contenu, merci de contacter notre équipe éditoriale à l’adresse suivante: editors@pv-magazine.com.