D’après pv magazine ESS News
La Commission européenne a décidé de restreindre les financements de l’UE – y compris ceux transitant par la Banque européenne d’investissement et le Fonds européen d’investissement – pour les projets solaires, éoliens et de stockage d’énergie utilisant des onduleurs provenant de pays dits « à haut risque », à savoir la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, en invoquant des risques liés à la cybersécurité.
Des articles de presse ont mis en lumière ces limitations concernant les projets solaires photovoltaïques. Selon les informations exclusives de pv magazine, il est confirmé que les systèmes de stockage d’énergie par batteries seront également inclus dans ces orientations.
La publication officielle des nouvelles lignes directrices est encore attendue par le secteur, bien que le processus ait débuté le 1er mai 2026, après leur communication aux institutions financières. Pour l’instant, selon des sources consultées par ESS News, la Commission ne prévoit pas non plus d’annonce publique ni de communiqué de presse.
Des informations antérieures, notamment relayées par pv magazine, évoquaient déjà le calendrier des décisions internes ; d’après les documents examinés par ESS News, ces éléments ont été davantage précisés et portent sur les onduleurs dans l’ensemble des applications liées aux énergies renouvelables.
Les principales échéances et dispositions transitoires pour les institutions financières impliquées dans des projets au sein de l’UE seraient les suivantes :
- 1er mai 2026 : notification à la Commission de tous les projets en cours de développement ;
- 1er septembre : exemptions transitoires pour les projets pouvant être approuvés d’ici le 1er novembre 2026.
La clause dite de « grandfathering » (exemptions transitoires) précise en effet que « les institutions financières peuvent notifier leurs projets les plus avancés au 1er mai 2026. Seuls les projets suffisamment mûrs pour être approuvés d’ici le 1er novembre 2026 sont éligibles. Les projets encore à un stade permettant de changer de fournisseur d’onduleurs ne peuvent pas bénéficier d’une exemption ».
Pour les projets situés hors de l’UE et non connectés, ou dont la connexion au réseau européen n’est pas prévue, les onduleurs issus de fournisseurs à haut risque devront être progressivement abandonnés d’ici le 15 avril 2027. Les technologies concernées incluent les onduleurs dans toutes les applications d’énergies renouvelables. Les règles s’appliquent également à l’échelle mondiale aux entreprises détenues ou contrôlées par ces pays.
Selon ces documents, la Commission précise que « les systèmes de stockage d’énergie / systèmes de conversion de puissance (PCS) sont explicitement inclus », ce qui place les projets de stockage d’énergie par batteries soutenus par l’UE sous surveillance, en particulier ceux reposant sur des PCS intégrés fournis par des entreprises chinoises ou d’autres fournisseurs concernés.
En matière d’approvisionnement, de nombreuses batteries provenant d’Asie sont proposées sous forme de solutions « tout-en-un », combinant batteries, cellules et PCS. Pour les projets désormais confrontés à des interdictions sur les onduleurs, les listes de fournisseurs pourraient être limitées ou nécessiter des ajustements.
Christoph Podewils, secrétaire général du Conseil européen de l’industrie solaire (ESMC), a confirmé à ESS News que cette décision ne prévoit pas d’exemptions selon la puissance des équipements. « Il s’agit réellement d’une réglementation stricte, avec peu de failles… Elle concerne également les onduleurs fournis par des entités sous le contrôle de pays à haut risque, par exemple, une entreprise produisant en Europe des onduleurs appartenant à une entité chinoise ».
S’agissant des contraintes de la chaîne d’approvisionnement, la Commission européenne ne semble pas traiter la question des composants passifs ; des onduleurs fabriqués en Europe peuvent en effet intégrer certains composants clés – tels que des IGBT ou des MOSFET, utilisés dans la conversion haute tension courant continu/courant alternatif – provenant de fabricants chinois.
Dans un communiqué de presse de l’ESMC, Christoph Podewils a déclaré : « Cette décision envoie un signal clair concernant la sécurité des infrastructures critiques en Europe. Les onduleurs sont le cœur de toute installation solaire ou de stockage d’énergie et, en tant qu’appareils connectés à Internet, constituent une porte d’entrée potentielle pour des cyberattaques. Il est légitime que les financements de l’UE ne soutiennent plus des technologies provenant d’États à haut risque. Les fabricants européens sont prêts à répondre à cette demande ».
La Banque européenne d’investissement (BEI) a de son côté annoncé une nouvelle enveloppe de financement de deux milliards d’euros (2,17 milliards de dollars), spécifiquement destinée à soutenir les projets d’énergies renouvelables dans l’Union européenne. Ces fonds ne pourront pas non plus être utilisés pour participer à des projets faisant appel à des fournisseurs d’onduleurs issus de pays considérés comme « à haut risque ». Selon la Commission, la BEI à elle seule a financé environ 20 % du déploiement solaire dans l’UE en 2025. Si cette tendance se poursuit, ces interdictions pourraient avoir un impact significatif.
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