Baromètre Énergie-Info : 61 % des Français sont intéressés par les offres vertes, mais l’image du secteur de l’énergie se dégrade

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Le médiateur national de l’énergie, autorité publique d’information et de médiation pour les particuliers et les petites structures, vient de publier les résultats de son 13e baromètre Énergie-Info. Il « alerte les acteurs du marché de l’électricité et du gaz naturel sur l’impact négatif des mauvaises pratiques commerciales sur l’image du secteur, dont l’ouverture est mieux connue des particuliers », déclare-t-il.

Ouverture du marché de l’énergie

Ayant interrogé plus de 1300 foyers début septembre, l’étude menée par l’institut d’études Market Audit pour Le médiateur national de l’énergie révèle que 87 % des Français savent que le marché est ouvert à la concurrence et qu’ils ont la possibilité de changer de fournisseur d’électricité ou de gaz.

Si des idées reçues persistent — 18 % pensent que le changement de fournisseur n’est pas gratuit, 13 % qu’il existe des risques de coupure d’énergie et 8 % qu’il faut changer de compteur –, les acteurs du marché et les règles pour changer de fournisseurs sont davantage connus (74 % des interrogés peuvent par exemple citer un autre fournisseur que leur fournisseur actuel, contre 66 % en 2018).

Sur ce point, 24 % des ménages interrogés affirment avoir changé de fournisseur d’électricité, dont 6 % dans les 12 derniers mois, le coût étant la première motivation (bien que l’étude souligne que 80 % d’entre eux n’aient pas utilisé de comparateur). Et 7 % envisagent encore d’en changer : ces taux de passage à la concurrence sont en hausse par rapport aux années précédentes.

Toutefois, l’argument financier n’est pas toujours probant quand il s’agit d’offres d’électricité « verte » : 12 % des Français se disent favorables à de telles offres mêmes si elles sont plus chères. Une observation similaire avait faite par Julien Tchernia, le président d’ekWateur, début septembre. Ce fournisseur d’énergie renouvelable propose des offres d’électricité et de gaz à deux tarifs, selon l’origine de l’énergie produite, et constate que les nouveaux souscripteurs n’optent pas uniquement pour les offres les moins chères, probablement suite à une prise de conscience de l’urgence climatique.

Dans l’ensemble, 61% des Français se disent intéressés par les offres d’énergie renouvelable, déclare le baromètre.

Sur le plan de l’autoconsommation, l’étude précise que « 35 % des répondants sont prêts à investir pour devenir producteurs d’électricité verte », et sans trop de surprise : « Ceux qui habitent en maison ou qui sont propriétaires sont prêts à investir davantage que les autres ».

Démarchage intempestif

Bien que la connaissance du marché semble progresser, l’image et la confiance du secteur se dégradent. « 19 % des répondants pensent que l’ouverture à la concurrence conduit à une meilleure qualité du service contre 24 % en 2018. C’est le taux le plus bas observé depuis 2014 », affirme l’analyse qui précise également que 60 % des particuliers sont désormais favorables à l’ouverture du marché contre 65 % en 2018 : un taux également en baisse depuis 2014.

D’une part, les consommateurs n’y voient plus d’intérêt financier : 22 % d’entre eux pensent que l’ouverture du marché a conduit à une hausse des prix, tout comme 22 % estiment qu’elle peut donner lieu à une baisse des tarifs. Il est à noter que la consommation d’énergie est un sujet de préoccupation important pour 70 % des ménages (68 % en 2017 et 2018) ; pour 63 %, le budget énergétique représente une part importante de leurs dépenses – un tiers des ménages déclare limiter le chauffage en hiver pour diminuer les coûts et 10 % rencontrent des difficultés pour payer les factures, ces pourcentages sont encore plus élevés chez les 18-34 ans.

D’autre part, Le médiateur national de l’énergie met en relation la baisse de confiance dans le secteur avec la hausse des démarchages. « En effet, si les commerciaux qui présentent les offres de différents fournisseurs ont sans doute contribué à faire réaliser aux consommateurs qu’ils peuvent changer de fournisseur d’énergie, ceux-ci véhiculent parfois des informations inexactes, ou ont des pratiques commerciales contestables, ce qui rend les consommateurs plus méfiants envers un marché dont ils ne maîtrisent pas tous les règles. », précise-t-il. Les taux de sollicitation sont les suivants : 46 % des ménages déclarent avoir été contactés, la plupart du temps par téléphone, par des fournisseurs concurrents (contre 38 % en 2018 et 21 % en 2017). Le démarchage concernant les travaux d’isolation thermique est également en hausse (61 % en 2019 contre 54 % en 2018 et 39 % en 2017), de même que celui lié aux énergies renouvelables (44 % en 2019 contre 41 % en 2018).

Jean Gaubert, médiateur national de l’énergie, conclut l’analyse en rappelant aux acteurs du secteur d’avoir des pratiques commerciales irréprochables. « Les économies réalisées en changeant de fournisseur restant plus limitées qu’en téléphonie mobile par exemple, c’est en instaurant des relations de confiance et en proposant de nouveaux services que les acteurs pourront rendre cette ouverture plus attractive. En parallèle, il ne faudrait pas oublier les Français les plus fragiles. Des mesures pour encourager à la fois une amélioration de l’habitat et une gestion plus humaine des consommateurs précaires doivent être mises en place rapidement », déclare-t-il.