176 MW raccordés au 1er trimestre 2020, un volume en baisse pour la deuxième fois consécutive

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Le think-tank France Territoire Solaire a publié la 34e édition de l’Observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque, il dresse le bilan de l’activité de la filière au premier trimestre 2020.

Au cours de ce trimestre marqué par le début de la crise sanitaire du coronavirus, le volume photovoltaïque raccordé s’établit autour de 176 MW en France continentale, volume qui, sans surprise, est en baisse par rapport au trimestre précédent (- 15 %, 205 MW avaient été raccordés au dernier trimestre 2019).

« Avec 176 MW raccordés, ce 1er trimestre 2020 affiche une deuxième baisse consécutive des volumes raccordés après un 4e trimestre 2019 déjà décevant. La tendance prometteuse que nous avions pu déceler sur les 2e et 3e trimestres 2019 ne s’est donc pas confirmée », constate Antoine Huard, le président de France Territoire Solaire. Ces résultats peuvent s’expliquer par les premiers impacts de la crise du coronavirus, estime-t-il, puisque les approvisionnements en équipements solaires ont été perturbés dès début janvier et que le confinement a entrainé la fermeture des chantiers photovoltaïques en France à partir de mi-mars.

Plus en détail, le think-tank relève que les segments des installations des moyennes toitures (de capacité comprise entre 9 et 100 kW) et des très grandes toitures (de 250 kW à 1 MW) sont en hausse, avec respectivement 66 MW et 6 MW raccordés. « Le segment des moyennes toitures renoue avec la croissance par rapport au trimestre précédent et montre un niveau de raccordement très haut », précise le think-tank.

Les installations domestiques (de capacité inférieure à 9 kW), celles des grandes toitures (de 100 à 250 kW) et des grandes installations supérieures à 1 MW sont en revanche en baisse, souligne France Territoire Solaire. Elles ont respectivement représenté des volumes raccordés de 23 MW, 15 MW et 63 MW.

France Territoire Solaire souligne que le segment des très grandes centrales est « marqué par une forte baisse, qui peut trouver ses causes dans l’arrêt de la production asiatique de certains composants (modules, onduleurs…) du fait de la crise sanitaire et les mouvements sociaux de décembre et janvier. » Il rappelle également qu’un suivi systématique de chaque appel d’offres s’avère indispensable et déterminant pour la tenue des objectifs de la PPE.

La répartition des différents segments est désormais la suivante :

  • le segment des installations de plus de 1 MW représente 49 % du volume total raccordé ;
  • les segments des grandes et très grandes toitures, dont la capacité est comprise entre 100 kW et 1 MW, représentent 16 % environ du volume total raccordé.
  • les segments résidentiel et moyennes toitures, dont la capacité est inférieure à 100 kW, représentent 34 % du volume total raccordé.

Dans le domaine de l’autoconsommation totale et partielle, le segment reste stable avec près de 6500 installations raccordées au cours du trimestre, bien que la puissance totale raccordée soit légèrement en baisse depuis deux trimestres.

Le parc français cumule 71 261 installations à des fins d’autoconsommation cumulant 283 MW au 1er trimestre 2020, dont 45 MW en autoconsommation sans injection (14 000 installations, sur déclaration des autoconsommateurs) et 238 MW en autoconsommation avec injection de surplus (57 300 centrales), précise France Territoire Solaire, qui ajoute que les installations entre 0 kW et 6 kW représentent 80 % de puissance cumulée en autoconsommation avec injection de surplus (96 % en nombre d’installations).

L’étude de France Territoire Solaire couvre également la part d’électricité photovoltaïque dans la consommation brute d’électricité en France : cette part a atteint 1,2 % à fin février 2020.

File d’attente

La file d’attente des projets photovoltaïques dépasse désormais 6,8 GW. Elle a connu une croissance modérée (+ 215 MW) depuis fin 2019. Cette hausse de la file d’attente est observée principalement sur les projets de plus de 1 MW (+ 130 MW), les moyennes toitures (+ 70 MW), les autres segments étant en légère hausse, souligne France Territoire Solaire. 

« L’arrêt des chantiers intervenu à partir du 17 mars, et en particulier l’interruption quasi-totale des travaux de raccordement par Enedis, nous conduisent en revanche à anticiper un 2e trimestre historiquement faible. Sous réserve de la reprise effective des travaux et d’une absence de re-confinement, un effet de rattrapage pourrait être observé au 3ème trimestre, avec le raccordement des projets de la quatrième tranche de l’AO CRE 4, ainsi que les retardataires des trois tranches précédentes », analyse Antoine Huard. « À plus long terme, la reprise d’un rythme plus régulier et l’atteinte de l’objectif de 3 GW par an, dépendront des mesures de relance qui seront mises en œuvre, en particulier en matière de procédures administratives, d’élévation du seuil de l’arrêté tarifaire, et de délivrance des permis de construire » conclut-il.