[Élections européennes] Décryptage du programme énergétique des listes diverses (partie 1)

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Le parti Pirate

Le parti Pirate, qui rassemble les partis pirates des différents États de l’Union européenne, ne formule pas d’objectifs chiffrés ou de répartition précise des efforts de développement dans la stratégie énergétique à déployer. « Nous nous sommes positionnés pour une production qui soit à la fois efficace et locale, incluant de fait une production nucléaire suffisante sur le territoire européen » explique un porte-parole à pv magazine France.

Le parti soutient le Green Deal européen actuel, et notamment la législation sur les matières premières critiques : « L’UE dispose de toutes les technologies et ressources nécessaires pour mettre en place un système énergétique qui ne dépende pas de pays tiers. Nous voulons créer et maintenir des capacités de production européenne pour tous les composants nécessaires à la transition vers une économie verte ».

Les Pirates s’affirment pour une transition des ressources fossiles vers des sources d’énergie durables, le développement de la captation carbone, la mise en place d’un principe de pollueur-payeur et pour l’électrification du secteur énergétique. « L’élimination des étapes de transformation de l’énergie permet également d’éliminer de nombreuses pertes. En électrifiant les transports, le chauffage et de nombreux processus industriels, l’énergie primaire nécessaire diminuera, même si les besoins en électricité vont augmenter. »

Conforme à son idée de citoyenneté européenne, le parti entend mettre en place un guichet unique pour les autorisations environnementales, au niveau européen. « Un enregistrement central devrait être suffisant pour ne pas entraver l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au marché commun. » Les Pirates veulent aussi préciser le cadre juridique de la production locale d’énergie et notamment en ce qui concerne les opérations d’autoconsommation collective. « La production et la demande doivent d’abord être adaptées au niveau local autant que possible, et le réseau européen doit servir de filet de sécurité. »

Europe Démocratie Esperanto

Europe Démocratie Espéranto propose la langue espéranto comme un moyen d’améliorer la démocratie dans l’Union européenne et ne prend pas position sur tous les sujets politiques. « Notre objectif est de faciliter la discussion entre les citoyens européens pour qu’ils dessinent ensemble eux-mêmes leur destin commun, grâce à la langue espéranto », explique Laure Patas d’Illiers, la tête de liste de la formation à pv magazine France.

Le programme de la liste européenne inclut le principe de réponse à l’urgence environnementale, bien qu’il ne propose pas de feuille de route. « Les dispositions propres à permettre le déploiement des énergies non carbonées, en particulier le solaire photovoltaïque, doivent être favorisées par le Parlement européen », a souhaité préciser notre interlocutrice.

Le Parti animaliste

Le Parti animaliste se concentre sur les thématiques liées au respect des animaux et de l’environnement et vise notamment à stopper l’élevage intensif pour orienter progressivement la production agricole européenne vers une agriculture végétale. Le groupe remet en question la Politique Agricole Commune (PAC) et souhaite créer des espaces réservés aux animaux sauvages, reconnaître l’eau comme bien commun et criminaliser les atteintes à l’environnement.

En termes d’énergie, la liste veut réhausser l’objectif de réduction de la consommation finale d’énergie de l’Union européenne de 11,7 % à 20 % d’ici à 2030 et instaurer, pour chaque État membre, un objectif contraignant de performance énergétique.

Prenons-Nous En Main

La liste d’extrême droite Prenons-Nous En Main souhaite porter la capacité installée nucléaire en France de 61,4 GW à 80 GW, la production hydraulique de 25 à 30 GW et compléter le bouquet d’énergie « pilotable » de 10 GW de turbines gaz. L’énergie solaire subventionnée serait réservée aux particuliers dans le cadre d’opérations en autoconsommation sur des installations jusqu’à 36 kW et pour un total cumulé de 40 GW. La coalition s’oppose à toute artificialisation de terres agricoles, et donc, aux projets agrivoltaïques sur sol.

« Le développement du photovoltaïque ne doit être encouragé qu’à condition qu’il utilise du matériel fabriqué en France pour des raisons autant écologiques (le transport des panneaux nuit en effet à leur empreinte énergétique) qu’économiques, afin de lancer une filière industrielle française, explique une porte-parole à pv magazine France. Cela peut passer par des conditionnalités fixées pour les aides et des droits de douane permettant de contrer le dumping social et environnemental. » Et pour ce faire, la coalition rejette les traités européens qui interdisent ce type de mesure. Elle souhaite également se retirer du marché européen de l’énergie « au plus vite » mais conserver l’interconnexion européenne physique.

Toute la production de l’énergie sera assurée par EDF qui sera renationalisé totalement. « Un monopole total sur la production, le transport, la distribution et la commercialisation est la seule solution pour avoir une énergie de qualité et décarbonée au juste prix » estime notre interlocutrice qui estime à 30 % la baisse des factures que pourrait provoquer cette mesure.

Pour une autre Europe

Le mouvement Pour une autre Europe souhaite développer la prise de décision collective mais n’a pas encore structuré de programme ou de scénario concret de son « nouveau projet de société ». Jean-Marc Fortané, sa tête de liste, a expliqué à pv magazine France que les réformes seront pensées par les citoyens. Ils seront préalablement formés par le biais d’instruction populaire aux sujets complexes sur lesquels ils devront se prononcer, tels que les enjeux de l’approvisionnement énergétique européen et le fonctionnement du marché de l’électricité.

Free Palestine

La coalition Free Palestine réunit « des partis indépendants partageant la même éthique musulmane » en France (Union des Démocrates Musulmans Français ou UDMF), en Espagne (Partido Andalusi), Allemagne (BIG Partei), Belgique (porté par Fouad Ahidar), Pays-Bas (Nida) et Suède (Partiet Nyans) pour réclamer dans l’urgence des mesures de la part de l’Union européen pour arrêter les bombardements et l’oppression des habitants de Gaza.

La coalition ne présente pas de politique énergétique mais souhaite utiliser les aides financières comme le Fond Européen Structurel et d’Investissement (FESI) pour encourager les citoyens à s’équiper en panneaux solaires, à isoler leurs logements, à passer aux moteurs hybrides… La liste avance également la gratuité des transports publics, la mise en place d’un SMIC européen et la lutte contre l’évasion fiscale.

La France libre

Menée par le chanteur Francis Lalanne et l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, la liste La France Libre propose un programme d’opinion populiste. L’énergie ne figure pas dans les sujets abordés par la coalition, mais le programme donne des indications quant à son positionnement sur le sujet de l’agrivoltaïsme : « nous souhaitons que le foncier agricole reste préservé de toute prise de contrôle des multinationales et encourager les polycultures au détriment des monocultures industrielles subventionnées ».

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